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• Volume 34 Numéro 1 36 La vie lui a permis de réaliser son plus grand rêve d’enfance : piloter un avion Hommage et reconnaissance à un homme exceptionnel Monsieur Thomas Fecteau C’est avec grande tristesse que j’ai appris le décès de l’un de nos grands pionniers de l’aviation de brousse et ami personnel, monsieur Thomas Fecteau, à Sainte‐Marie‐de‐ Beauce, le 1 er novembre dernier. Il était âgé de 94 ans. Le personnage était trop grand pour que je demeure confortablement assis dans ma coquille de journaliste/ retraité. J’avais mille souvenirs en tête que je ne pouvais en toute conscience les conserver pour moi seul. J’ai toujours voué énormément de respect et d’admiration pour cet homme honnête, franc, loyal et vaillant qui a vécu intensément sa profession de pilote et exercé son art du pilotage, majoritairement en régions inhospitalières. Il a également été un excellent pilote de ligne, puis un gestionnaire de haut niveau. Thomas a écrit avec ses doigts « d’artiste », quelques‐uns des grands chapitres de l’histoire vécue de l’aviation de brousse dans notre immense pays du Québec. Il a été un acteur important qui a vécu intensément les mille facettes de la profession. UNE CERTAINE CULTURE POUR L’AVIATION Il y avait, chez certains membres de la famille Fecteau, une certaine « culture de l’aviation »: Arthur qui habitait en Abitibi et Joseph. Ils sont devenus par profession des pilotes de brousse et des gens d’affaires, en particulier Arthur qui a fondé la première entreprise spécialisée dans le domaine des vols en brousse au Québec: « A Fecteau Transport Aérien ». Pour sa part, Joseph possédait son propre avion et pilotait sur demande, pour diverses compagnies. THOMAS SE DÉCOUVRE UNE PASSION POUR LE PILOTAGE Pour gagner quelques dollars, l’oncle Joseph venait avec son avion au « rond de courses » à Sainte‐Marie‐de‐Beauce et offrait aux gens des envolées moyennant une petite somme d’argent. Thomas a alors 12 ans. C’était en été, l’oncle Joseph aperçoit le jeune Thomas, son neveu, qui le regardait voler au‐dessus du village; une fois atterri, il l’invita à faire un tour d’avion. La réponse de Thomas fut instantanée; un gros OUI… sans équivoque! Thomas prit place dans l’avion. Après quelques minutes de vol il découvre un monde qu’il n’avait jamais vu de toute sa vie. Il vécut alors des instants de grand bonheur; pour lui, le mo nd e n e s e r a i t p l u s j ama i s l e même . I l v i va i t intérieurement une certaine forme de magie qui se transforma rapidement en véritable passion. C’était pour lui, un moment historique. Il venait de recevoir son baptême de l’air! Il savait dès lors, qu’il deviendrait un jour, pilote d’avion. Mais, à la « petite école », dirigée par des enseignantes religieuses, Thomas était un peu… dérangeant…; il fabriquait Par : Jean-François Bellemare Que de souvenirs mémorables d’une vie bien remplie, sont conservés précieusement dans cet album familial Thomas regarde avec une certaine nostalgie dans le Musée de l’aviation à Sainte-Marie-de-Beauce, un moteur et une maquette de DC-3, comme celui qu’il a piloté alors qu’il était pilote de Ligne
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